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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 17:03

Je ne suis pas un spécialiste des questions policières, des enquêtes concernant les délinquants, les casseurs, que d’ailleurs je n’aime pas.

Et quand j’entends les comptes-rendus des manifestations sur les medias et que je ne vois que des images de violences, je me dis que peut-être nous sommes en guerre...civile.

Gilets jaunes à Villars-sur-Var.

Et puis nous recevons des gilets jaunes dans la salle communale de Villars, et là, personne n’est violent et tous pensent que les violences les desservent, ou qu’elles sont quelquefois les bienvenues pour le pouvoir en place.

 

Vrai ! Dans l’opinion les violences les desservent.

Mais vrai aussi, que si les gilets jaunes avaient défilé sans incident ou dégradation, en ce moment le Président de la République et ses ministres, ne couraient pas nombre de réunions pour expliquer le sens de leurs réformes en cours (qui donc sont nécessairement bonnes, le tout étant de savoir pour qui ?), et n’auraient pas lâché du lest.

 

La conquête de l’opinion : un enjeu réel.

En fait, sur le fond, les français massivement sont d’accord (pas nécessairement sur tout), avec les gilets jaunes, sachant que tous les gilets jaunes n’ont pas toujours les mêmes revendications…loin ‘en faut et que le RIC ne peut-être l’unique solution à la complexité de la V° République.

 

Comment donc, renverser cette hyper majorité en faveur des gilets jaunes ?

Si les casseurs, ont éveillé l’opinion, par leur continuité et leur persévérance délictueuse, ils permettent aussi, le décrochage de plus en plus de français qui disent en avoir assez de la tournure prise par les événements.

Cela ne peut donc servir que la cause du gouvernement qui ainsi pense arriver à renverser les opinions favorables en opinions défavorables.

 

Cela ne veut pas dire que l’Etat est à l’origine des casseurs.

Non pas !

Mais l’histoire est pleine d’histoires de provocations étatiques et d’utilisation politique de la peur de la « chienlit ».

Par exemple, en 1968, nous avons connu ces « appariteurs musclés » qui étaient des agents actifs de désordres…

 

La réponse policière.

Oui, c’est certains, des policiers sont attaqués, mais rappelons aussi qu’être CRS c’est quand même un métier qui recèle quelques risques et qu’il est moins dangereux d’être comptable dans une grande entreprise.

On va me répondre qu’il faut bien maintenir l’Ordre.

Tout à fait d’accord, mais lorsque dans les territoires ruraux on ferme à tour de bras les gendarmeries, les services publics, que les Maires n’arrivent pas à eux seuls à contenir les incivilités, l’ordre républicain n’est plus assurés, et les frustrations se cumulent en exaspération, tant chez les citoyens paisibles que chez ceux qui en profitent pour faire n’importe quoi.

 

Cette exaspération s’est d’ailleurs exprimée lorsque des gilets jaunes ont suivi le pas de casseurs, ou lorsque ils ont été traités de la même manière que des casseurs.

 

Bilan policier et judiciaire.

Lorsque l’on fait le bilan, c’est un peu comme quand on comptabilise les morts et les blessés lors des conflits entre les palestiniens et israéliens.

Le rapport est de 1 à 50 ou 100, tant sur le plan des atteintes physiques que des condamnations judiciaires.

Et ce rapport déséquilibré, augmente encore plus les frustrations et les sentiments d’injustice, chez les manifestants qui au départ étaient dans des démarches pacifiques.

C’est le cercle vicieux.

 

La réponse administrative : « Le cousin de ta cousine ».

Et l’on en arrive à une situation peu enviable, où si le cousin de ta cousine est considéré comme éventuellement dangereux, tu pourrais être interdit préventivement de manifestation, car susceptible de mauvaises actions, par «cousinage », puisque tu as fréquenté le cousin de ta cousine. Sait-on jamais ?

 

Et la justice dans tout cela, alors qu’elle est déjà bien malade, faute de moyens ?

Et bien la justice pourra être saisie, à tes frais bien sûr, pour que celle-ci se prononce pour ou contre la décision administrative d’un Préfet, dans deux ou trois ans…

Et ne comptes pas trop sur la procédure du « Référé », car il faudra que tu prouves que tu y fais appel pour raison « d’urgence »…

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 17:10

Mais c'est quoi cette polémique qui oppose "pouvoir d'Etat" et "pouvoir de la rue" ?

Si l'on a quelques notions d'histoire, on sait que dès que l'Etat s'est constitué, où que ce soit, il a décidé de gouverner et donc de disposer de pouvoirs pour ce faire.

 

Un facteur entre alors en jeu : Il s'agit des "contre-pouvoirs". La grande révolution française a pratiquement été la première à légaliser les "contre-pouvoirs" : la liberté de la presse, la liberté de manifester, la liberté de pétitionner, puis ensuite la liberté de faire grève, puis encore et encore...

Par définition, le "contre-pouvoir" se doit de critiquer, de s'opposer au pouvoir, et même de le faire tomber. La vraie question est de savoir de quelle manière ?

 

Personnellement, je crois que la "violence de l'Etat dictatorial", ne laisse que peu de place à des  "contre-pouvoirs qui se voudraient pacifiques", et dans ces cas, la violence, la lutte armée, sont l'aboutissement des contre-pouvoirs bâillonnés.

 

Inversement, si l'Etat est démocratique, il laisse beaucoup de place aux "contre-pouvoirs" légaux et définis par la loi.

Et dans ce cas,  la manifestation, le pouvoir d'expression de la rue, est un droit que l'on ne peut pas refuser au nom des pouvoirs d'Etat.

 

Le contre-pouvoir démocratique est la contre-face de l'Etat démocratique, et c'est heureux.

 

Quel est donc le problème ? Le problème est une question de "limite", de "proportion" entre  la contestation, la violence et le droit de s'exprimer.

 

On constate souvent qu'un Etat démocratique peut parfaitement disposer d'une police à caractère dictatorial, à caractère raciste et violente. C'est ce qui s'est passé en Catalogne ces jours derniers. Dans ces cas, on aboutit nécessairement à des contre-pouvoirs qui vont avoir tendance à se radicaliser, surtout lorsqu'il s'agit de s'opposer au droit de licencier, au droit de délocaliser, au droit du plus fort de ravager la nature...

C'est pourquoi, je ne comprends pas que des démocrates, actuellement et en France, se posent la question de savoir si le pouvoir appartient à l'Etat ou à la rue.

L'état a nécessairement le pouvoir, et la rue n'est qu'une forme, entre bien d'autres,  d'une tentative d'inverser certaines des décisions de l'Etat, ou même d'arriver à l'abattre.

On peut donc se demander pourquoi les adversaires de Mélenchon s'engagent dans des "mélenchonades" d'un autre temps ?

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 05:38

Des Présidents en ont rêvé.

On nous présente la tentative d'Union Nationale de M. Emmanuel Macron, comme une grande nouveauté, en insistant sur le fait qu'il aurait "dynamité" les partis traditionnels.

Si l'on jette quelques regards en arrière on peut voir que d'autres Présidents de la République ont tenté chacun à leur façon de mettre en place l'idée que lorsque l'on met ensemble des gens qui ne pensent pas pareil, cela marche mieux.

 

Le Général de Gaulle, lui voulait l'Union Nationale, par dessus les Partis, et déjà à l'époque certains pensaient que les partis étaient en voie de disparation, en particulier lors du référendum sur la constitution où il avait obtenu 80% des voix.

 

Giscard, lui voulait l'Union, par le "Centre", et il le paya cher avec les trahisons de M. Chirac. Durant cette période on vit renaître le PS, sombrer les communistes, la droite changer de noms...

 

Mitterrand, voulait l'Union (pas encore tout à fait "Nationale") autour du PS qui lui même était "une union des contraires", surtout lorsqu'il lui fallu débaucher des élus de droite pour gérer sa majorité relative.

 

Sarkozy s'y essaya en créant "l'ouverture" qui fonctionna cahin plutôt que caha, et qui finalement capota…

 

Hollande, cru y parvenir lors des attentats terroristes. Mais il avait dans sa manche, la solution Macron qui est sorti et rentré au bon moment. Personne ici ne croit au hasard.

 

Quand au deuxième point : le dynamitage des Partis traditionnels par M. Macron, il faut y regarder de plus près.

 

1° Le PCF, n’est plus qu’un Parti « municipal » et sans ses alliés PS et maintenant La France Insoumise, aux différentes élections il ne serait (ou ne sera) pratiquement plus représenté dans les diverses grandes instances. Cela explique d’ailleurs son attachement à l’Union des Gauches qui fut pour lui, le commencement de la fin…

 

2° Le Parti Socialiste était en état de décrépitude et d’implosion depuis des années, et ce n’est pas M. Macron qui l’a dynamité. C’est de l’intérieur qu’est venue la déchéance. Je n’ai siégé qu’une seule fois à une tribune du PS, dans les Alpes-Maritimes (je représentais l’écologie sans être membre de ce Parti). J’avais écouté incrédule les discours des différents courants, et j’avais bien compris qu’il existait en fait, plusieurs partis, dans cette salle. Et cela il y a dix ans.

 

3° La droite (LR) serait sûrement arrivée en tête sans l’affaire Fillon en 2017, mais une partie de celle-ci, de plus en plus proche du FN, aurait sans nul doute virée sa cuti, repoussant la partie centriste des LR vers M. Macron. 

L’implosion était donc à la porte (voir entre autres, l’antagonisme Fillon/Jupé) quand est arrivé l’affaire Fillon.

 

5° Le FN, soit disant reconverti, taillait déjà des croupières, depuis des années à la droite institutionnelle, et était en passe de la dominer, d’où d’ailleurs le refus total des responsables de LR de pactiser avec lui, dans la mesure où ces rapprochements ne bénéficiait qu’au FN.

La crise économique, la peur des immigrés, la coupure de la France d’en haut avec la France d’en bas, les scandales de la République, le discrédit progressif des partis traditionnels, l’Europe de la finance, tout cela permet à ce parti de vider progressivement la droite traditionnelle de sa pugnacité originelle en la renvoyant à sa « gestion internationalisé » de l’économie, tout comme le PS.

 

6° Pour qui est passé par les Verts puis par Europe Ecologie/Les Verts, le déclin de ce parti était quasi programmé. Les « courants » mortifères et les compositions et recompositions internes à tout moment, ont laissé sur le bord du chemin des milliers et des milliers d’adhérents.

Les responsables nationaux se sont combattus pire que ce que l’on peut imaginer et l’on a vu se succéder des « secrétaires nationaux » qui ne tenaient quelquefois même pas une année.

Et depuis René Dumont, c’est la première fois qu’il n’y a pas eu de candidat écologiste à la présidentielle de 2017.

 

7° La France Insoumise a été le résultat d’un cheminement tortueux qui est passé par la création de collectifs qui ont tenté plusieurs solutions, voir la naissance des Comités Juquin, voir la création des « rouges et verts », voir l’implosion du NPA, voir l’affaire Bové, voir la création du Parti de Gauche, voir la naissance et la quasi mort du Front de gauche…

C’est sur les ruines du PCF et du PS, et sur le ratissage de ces divers mouvements que se construit ce parti/mouvement qui présente l’avantage et le désavantage d’avoir un leader très charismatique qui occupe tout l’espace, dans son propre espace.

 

M. Macron et le processus de longue durée.

Alors, M. Macron est-il l’auteur de l’implosion des partis traditionnels ? La description ci-dessus, montre bien que nous étions dans un processus de longue durée et qu’Emmanuel Macron guidé par François Hollande, s’est appuyé sur ce processus pour entrer en scène. Comme quoi les hommes si ils font l’histoire, en sont toujours le produit.

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 21:45

Je suppose que beaucoup de Niçois regardent avec surprise les ralliements au gouvernement Macron, d'un côté de Monsieur Estrosi et de l'autre de Monsieur Allemand.

Cependant un certain nombre de proches ne sont pas étonnés.

 

En effet, durant mes 12 années de Conseiller Régional, je voyageais souvent avec Patrick Allemand, que j'aimais bien à titre personnel, mais avec qui j'avais régulièrement des accrochages politiques.

Patrick détestait que je l'appelle "l'Estrosi de gauche", car selon lui si on était de gauche on ne pouvait pas être d'accord avec Monsieur Estrosi.

Au fil des années, les rapprochements devenaient évidents, et l'affaire de l'OIN et de la Métropole furent les points d'orgues de leurs vues quasi identiques sur l'aménagement du territoire de notre département.

 

Je ne les blâme pas, car chacun a le droit de choisir sa voie, surtout si la sincérité accompagne la décision. Inversement si le choix est le résultat de calculs politiques, alors c'est bien dommage.

A ce jour,chacun à leurs façons, soutient ou se sent proche du gouvernement Macron. Ceci montre que ce qui peut apparaître comme très étonnant, est en fait le résultat de lents cheminements convergents d'un centriste PS et d'un centriste de droite Républicain.

 

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 05:30

 

Voici des années que je pense et que j’écris à peu près les mêmes choses, en matière politique.

1° Le mouvement ouvrier traditionnel.

Le mouvement ouvrier, tout au moins européen, issu du 19ème siècle est en fin de course, pour diverses raisons qui ne font pas l'objet de cet article.

 

2° La parti communiste.

Le premier à en payer les conséquences est le PCF.

 

3° Le parti socialiste.

Le deuxième en est le PS.

 

4° La tentation sociale-démocrate.

Les droites du PS, souhaitent la fin d’un PS supportant une aile gauche (Hamon, Montebourt…), afin de créer un parti démocrate à l’Américaine, ou au mieux à l’Allemande.

 

5° Le Macronisme.

Cette tentation sociale-démocrate se déroule sous nos yeux avec le    « Macronisme » qui regroupe aussi bien des centristes à la Bayrou, que des centristes de droites idéologiquement proche des Républicains, que la majorité des cadres du PS, sous l’impulsion de longue date de Manuel Valls.

 

6° Le Hollandisme/Valsiste.

Nous n’en sommes donc pas encore, à l’UNION Nationale, prônée en certains moments par F. Hollande.

 

7° La gauche radicale et les écologistes.

Est en train de naître sous nos yeux, une nouvelle force politique qui marie les valeurs fondatrices des gauches modernisée et l’écologie politique.

A ce sujet la disparition du candidat écologiste à la présidentielle n’est pas un hasard. Ce parti ultra divisé, est allé du côté d’un candidat (Hamon) qui a continué a maintenir le flambeau d’une Europe qui portaient tous leurs espoirs (Europe-Ecologie/Les Verts).

 

8° La droite extrême des Républicains.

L’affaire Fillon, est une aubaine pour la droite dure des Républicains, qui peut vouloir se dégager de ce parti pour créer une nouvelle force qui serait capable de s’unir au Front National sur le plan électoral.

 

9° La droite républicaine issue du gaullisme.

Resterait donc à l’aile plus républicaine des Républicains, soit de se maintenir en tant que parti de droite, soit rejoindre « la maison commune des progressistes » qui souhaitent de leurs vœux Messieurs Hollande et Valls.

 

Voilà, ce qui me semble se jouer en cette présidentielle, sous forme d’une accélération soudaine.

La suite prendra sans doute du temps, avec des variantes bien sûr, à ce que je viens d’énoncer ci-dessus.

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 06:43

Certains s'étonneront peut-être ? Depuis des années et des années, j'utilise les termes "décomposition" "recomposition".

J'avance ces termes, car c'est sous nos yeux (quelquefois fermés) que se déroulent lentement et de plus en plus vite ces deux phénomènes.

Quelques exemples ?

Les droites, se partagèrent longtemps, entre des droites bonapartistes, orléanistes, gaullistes...avec à leur marge, des extrêmes droites, toujours actives, mais jamais en mesure (sauf sous la période Pétain), de dominer le paysage politique.

Or, on assiste à une montée continue de ce courant (pourquoi l'appelle-t-on populiste ?) qui dépasse maintenant en intention de vote les droites classiques.

Nous nous situons bien dans le champ d'une décomposition des forces de droites traditionnelles et une recomposition avec une droite dure, qui se veut nationale, patriote (Pétain et ses amis doivent se retourner d'aise dans leurs tombes respectives).

 

Les gauches, là aussi, longtemps le mouvement ouvrier fut partagé entre plusieurs courants, schématiquement entre des courants "révolutionnaires" et des courants "réformistes".

Mais le PCF, privé de référence concrète du bonheur sur terre (URSS) n'est plus que l'hombre de lui même, et est devenu un parti "local" quand c'est encore possible. Cette décomposition a tout simplement précédé celle du Parti Socialiste, qui en arrive à quitter progressivement le bateau de son candidat désigné par une primaire, qui, comme on s'y attendait, est en train de faire éclater le PS.

Et dans les deux cas (PCF et PS) on voit émerger de manières différentes, mais concomitantes, des recompositions avec Mélenchon et Hamon. Le premier étant presque libre du côté de son allié hésitant (le PCF), le second englué dans un parti (le PS) qui majoritairement ne se reconnaît pas en lui.

Les présidentielles ne semblent pas être le bon moment pour la rencontre hâtive de ces deux forces qui représentent pour l'instant, additionnées, 25% de l'électorat. Mais il n'est pas impossible qu'elles puissent renouer le contact après cette période électorale où les deux hommes jouent l'hégémonie de la recomposition.

 

Le centre, nous assistons à la "énième" tentative de le recomposer, avec E. Macron.

E. Macron entre dans ce phénomène de décomposition/recomposition. Il rallie des centristes, des réformistes tout autant venus des droites que du PS et des...écologistes, en fait de tous ceux qui sont favorables à une Europe libérale et capitaliste, dans un espace qui est la mondialisation. Ce centre, ne se veut ni de droite ni de gauche, parce qu'il crée un partage entre ceux qui sont les victimes réelles de la mondialisation et ceux qui en bénéficient ou qui pensent qu'ils vont en bénéficier. C'est la victoire posthume de Jacques Delors et aussi de François Hollande.

 

Les écologistes et la tentative de marier "la carpe et le lapin" pour être le centre de la recomposition politique sur la base de l'écologie politique.

Les Verts, puis Europe Ecologie ont tenté de réussir ce que fait Macron, à savoir être le centre de la recomposition, sur un nouveau paradigme "l'écologie politique". Le ralliement en rase campagne de Jadot à Hamon, en mécontentant une partie de sa base (ce qui est une habitude chez les Verts/EE) a sonné le glas de cette tentative qui se voulait "centrale" plutôt que "centriste". L'écologie est entrée en force chez Mélenchon et chez Hamon, et il semblerait qu'il ne reste plus qu'à négocier des circonscriptions avec Hamon, négociations qui ne seront sans doute pas entérinées par les "pontes" du PS.

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 18:03

Imaginons que l'on arrive d'une autre planète et que l'on observe d'un œil neuf ce qui se passe dans notre pays.

L'observateur innocent, se demanderait pourquoi tant de personnes briguent un mandat qui fait d'un homme, un roi pour 5 ans.

En effet, lorsque l'on voit comment terminent nos présidents de la Vème République, on peut se demander si ce poste n'est pas le plus instable des mandats politiques de notre pays.

 

N'y aurait-il pas comme une malédiction politique sur ce poste ?

° De Gaulle a démissionné, désavoué par le peuple français dans un référendum 

° Pompidou n'a pas fini son mandat pour cause de maladie,

° Giscard s'est fait éliminé,  par Mitterand, trahi par un des siens (Chirac)

° Mitterand a été réélu, mais sans majorité au parlement,

° Chirac a été élu contre un des siens (Balladur) et il n'a été réélu que par des droites, des centres, des gauches, des écologistes coalisés contre le FN, Pas très glorieux, non ?

° Chirac a ensuite préféré rentrer à la maison, car les sondages montraient que seulement 2 % souhaitaient qu'il se représente.

° Sarkozy après un mandat agité s'est fait sortir par Hollande,

° Hollande est rentré à la maison en laissant son parti en ruine.

 

En fait, ce ne sont  pas les présidents élus qui sont en cause.

Ce qui est en cause, c'est le fait que les français sont appelé à voter un "homme providentiel", capable de se passer des députés et des sénateurs quand ça lui chante, capable de déclencher une guerre (Syrie...), sans l'aval du parlement...

Les français peuvent voter une majorité et voir le Président par l'intermédiaire de son premier ministre imposer ses vues, grâce à un  "49/3", et si passer par le parlement peut faire perdre un peu du temps, le Président peut gouverner par "ordonnances".

 

Pauvres français et pauvre république.

Les français votent le plus fortement à la Présidentielle, car ils semblent aimer avoir des "chefs", et le phénomène Le Pen, entre dans ce dispositif mental. L'important est de s'identifier au chef et de le charger de toutes les qualités et après de tous les maux...

Quand ils ont voté, la grande majorité de nos concitoyens, rentre à la maison, et ne fait pas de politique. Nos concitoyens (?) se trouvent désemparés lorsque les décisions qui leur tombent sur la tête ne sont pas conformes à leurs attentes.

Par exemple, si les français s'intéressaient un peu plus à la politique, ils auraient pu suivre le parcours politique "centriste" de F. Hollande au PS, et voir que ses propositions étaient dans la continuité des politiques "libérales" européenne...mais voilà, on voulait se débarrasser du "chef" qui avait failli, à savoir Nicolas Sarkozy.

Et la malédiction continue, la roue tourne à vide dans une république devenue une monarchie élective, et où une majorité du peuple délègue ses pouvoirs et attend que les hommes politiques fassent le boulot...à sa place...

Vivement une république "participative" et non plus "délégative".

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 05:24

 

On doit reconnaître à Hamon une dose de courage.

Bien sûr, mais derrière cela, il ne faut pas non plus tomber dans la naïveté. Hamon est un homme d'appareil. Il est monté grâce à celui-ci, comme d'ailleurs cela se passe dans tous les partis.

Hamon savait parfaitement que si il gagnait la primaire, il aurait affaire à un parti, à des députés majoritaire qui ne sont pas sur sa ligne politique qui est celle de la social démocratie de gauche, en France.

Les rencontres avec F. Hollande et avec B. Cazeneuve, montrent que son parti n'a pas changé. Et si Benoit Hamon veut le soutien indéfectible de son parti, il devrait dire du bien, sur ce qu'il a décrié sous le mandat de F. Hollande.

 

Pour s'en sortir ? Dès sa victoire à la primaire Hamon a tendu la main à Mélenchon et à Jadot, sans pour autant lâcher son parti, parti qui est aux antipodes de Mélenchon et de Jadot.

Cette approche, où Hamon se situe au "centre des gauches", risque vite de devenir intenable, car comment faire cohabiter ensemble, la droite du PS avec la gaude radicale et les écologistes de Jadot ?

 

Faire du Hollande, sans Hollande ?

On dirait que Hamon, veut rééditer la pratique de F. Hollande, à savoir mettre ensemble des personnalités politiques qui n'ont pratiquement aucun point commun entre elles.

On a vu, ce que cette option a donné sous le quinquennat de F. Hollande : la pagaille la plus noire.

Et puis, comment Hamon compte-t-il monter une majorité à l'Assemblée Nationale, alors que le PS a déjà investi ses candidats, et qu'ils sont ultra majoritairement acquis à la politique Hollande/Valls ?

Espère-t-il que les élus "non frondeurs" pendant 5 ans, se rangeront sur ses options politiques passées et actuelles ?

 

On attend avec impatience de voir comment le stratège Hamon va sortir du piège dans lequel il s'est fourré.

 

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 05:15

 

Voici presque deux ans, comme bien d’autres, je préconisais que le but d’Emmanuel Valls était à terme de faire sortir le PS de sa tradition de gauche et de le transformer en parti « Démocrate » à l’Américaine, si ce n’est en parti « Social-Démocrate » à l’allemande.

Je faisais d’ailleurs remarquer que la droite traditionnelle, de son côté avait déjà transformé l’UMP en « Républicains ».

 

De plus, la mise en place des « primaires » était la décalcomanie du système électoral américain, qui permet toutes les manipulations politiques…on l’a vu quand des gens de gauche sont allés voter aux primaires de la droite, et vice-versa.

 

Nous étions quand même quelques uns à remarquer que le Président Hollande :

1° Envisageait même une cohabitation gauche/droite à l’Allemande.

2° Mettait en place « Macron » qui de son côté parvenait grâce à sa loi, à « assouplir » les conditions de travail, en particulier avec le travail du Dimanche et bien d’autres choses encore, comme la libéralisation des transports de passagers par route…et comme son rôle très important dans la « loi travail »…

 

Valls l’avait dit, Macron le fait. La destruction du PS est en marche.

Nous sommes presque arrivés au bout du processus de destruction du PS qui devrait permettre de parachever le refus du concept de « la lutte des classes », et l’acceptation de « l’indépassabilité du capitalisme », des années 1980/1982.

En effet, Valls et Macron sont les deux faces de cette destruction.

Et le plus intéressant est de voir comment les élus, les proches de Hollande, passent avec armes et bagages chez Macron.

Ce processus de destruction commencé il y presque 30 ans, pourra encore durer quelques temps, mais il ira probablement, avec des variantes, jusqu’à son terme.

 

Si Hamon gagne la primaire, la fuite vers Macron devrait s’accélérer.

Hamon va se trouver dans une campagne électorale avec un PS éclaté, et son seul espoir alors sera de prendre quelques points…à Mélenchon.

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 06:25

Depuis des décennies, les commentateurs politique, les français en général utilisent en permanence le concept « La gauche » comme si ce terme allait de soi, et ne sachant pas qu’en France en particulier, «La gauche » n’a jamais existé.

 

En effet, depuis les premiers jours de la grande révolution de 1789, se sont affrontées « des gauches » bien différentes, qui avaient comme seul point commun de siéger « à gauche » de l’assemblée.

Dès le début se sont affrontés les tenants de la gauche sociale et plébéienne, la gauche volontariste et progressiste, issue de la bourgeoisie de l’époque, la gauche centriste des compromis qui s’est moulée dans le capitalisme naissant, la gauche centralisatrice et la gauche décentralisatrice.

Ces différences étaient tellement fortes, que ce ne sont pas des royalistes qui ont fait chuter Robespierre, mais bien des républicains…

 

Et ces différences, nous les avons retrouvées durant les révolutions de 1830, 1848, 1860, redoublées par les conflits des « pro » et des « anti » révolution russe, marxistes et non marxistes.

La différence principale entre ces deux grands courants, étant l’acceptation du système capitaliste à améliorer, ou à ne pas accepter et à abattre à plus ou moins long terme.

 

Mais pourquoi donc, parle-t-on de ‘’la gauche" en France, comme si il n’y en avait qu’une qui serait traversée par des différences mineures ?

En grande partie, cela est du aux orientations du PCF, qui tout en voulant se différencier des réformistes socialistes, a été le principal initiateur du « Front Populaire », du "gouvernement Tripartite » à la sortie de la deuxième guerre mondiale, du « Programme commun » de la gauche », ou même de la « gauche plurielle ».

Ces concepts historiques ont consacré l’idée de il y avait une "seule gauche", avec des « courants », comme au PS, par exemple.

 

Or les situations changent.

Les pays européens, et la France en particulier, découvrent « La France Insoumise », « Podemos » en Espagne, Di Linke en Allemagne…comme si après le grand effondrement du bloc soviétique, l’histoire des gauches se réclamant de la tradition révolutionnaire, était terminée et qu'une nouvelle phrase historique était en train de s'ouvrir.

Ce qui est sans doute terminé, c’est la force « propulsive » des partis socialistes et des partis communistes qui pour des raisons diverses n’ont pu, ou su, s’adapter à la mondialisation soit pour s'y conformer franchement, soit en mettant en place des stratégies de combats. Ces gauches là ne semblent plus en mesure de dynamiser des citoyens de manière massive.

 

En France, Macron, représente le courant très ancien de la gauche centriste de 1789, un peu du « marais » qui se fonde sur les évolutions techniques et technologiques pour aménager le système existant, tout en pensant le rendre plus humain, et chose nouvelle depuis cette décennie en n’intégrant pas les notions de l’écologie sociale et politique.

 

En France, Melenchon se rattache à la gauche volontariste de 1789, à la recherche des plébéiens qui ont pour l’instant choisi en grande partie, le Front National. Par contre son programme écologique est pratiquement aussi structuré que celui d’Europe Ecologie.

 

Comme quoi, si l’histoire ne se répète jamais deux fois de la même manière, la filiation à travers notre histoire nous rend plus lisible le présent.

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