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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 09:51


Les Alpes-Maritimes Un peu d’histoire par Edgar Malausséna

Quelques précautions d’usage.
Il est courant, lorsque l’on est engagé en politique de considérer que la vérité est détenue par le groupe auquel on appartient, et dans ce groupe, que le courant (ou. Sensibilité) dans lequel on se situe est celui qui détient la bonne parole.
Cela a amené les partis politiques de gauche, soit au sectarisme et finalement à la stagnation, soit au pragmatisme et ainsi à la perte relative d’identité.
Ma démarche se voudra: « historienne », et en conséquence j’essaierai de me baser sur des faits. Mais ces faits, sont aussi des choix, et il faut leur donner un sens. Et c’est là que commence l’analyse et donc l’interprétation.
C’est pourquoi, je tiens tout particulièrement à préciser qu’il ne s’agit pas pour moi de donner des leçons à quiconque et encore moins à nos partenaires de gauche.
Chacun d’entre eux s’inscrit dans une histoire dans laquelle on peut, à posteriori, déceler des heures glorieuses, et d’autres plus détestables.

Quelques rappels.
La partie « Comté de Nice » de ce département a choisi de ne plus être rattachée à la Provence en 1388. Par l’acte de « Dédition », le Comté de Nice entrait dans la sphère des Comtes de Savoie.
Ce département (dans la partie Comté de Nice) n’a pas connu la même évolution démocratique que la France.
Le Comté de Nice fut rattaché sans consultation par la Révolution française en 1793.
L’épisode des « Barbets » anti-français, pillards pour les uns, nationalistes pour d’autres, peut être interprété comme un reflet de l’esprit d’indépendance, et en même temps comme un refus de la Révolution.
Son rattachement au royaume Sarde en 1814, a privé ce territoire des réformes françaises de 1848. Les habitants de ce « Comté » qui n’eurent jamais de Comte à la tête de celui-ci ne connurent pas les Conseils Généraux, les Conseils d’Arrondissement, les Conseils Municipaux qui progressivement furent élus en France au suffrage universel.
Le rattachement volontaire à la France du 29 avril 1860 accentua ces tendances vis-à-vis d’élites locales qui, comme le Syndic François Malausséna, passèrent du service au royaume de Sardaigne, au service de la République, en tant que Maire élu de 1860 à 1870.
Ainsi le système républicain et démocratique fut octroyé, sans qu’il y ait eu luttes, et avancées dans les consciences, sur ces sujets.
Cette absence de traditions démocratiques marquera longtemps la vie locale.
Cependant la disparition de personnalités comme Borriglione ou Rouvier, au début du XX° siècle, modifiera les rapports entre le corps électoral et ses représentants.
Jusque là le mandat politique ou local semblait consacrer la position sociale du candidat.
A partir de la fin du XIXème siècle, lentement, on vit émerger des positionnements politiques et des choix liés à ceux-ci.

En même temps que progressait l’urbanisation, naissaient des majorités « radicales », surtout sur la rive droite du Var.
Sur la rive gauche, l’évolution fut différente. La République fut reconnue et fortifiée grâce à des personnalités d’une droite, qualifiée de « modérée ».
La fidélité (ou la soumission) à celles-ci fut la caractéristique essentielle des pratiques électorales niçoises.
Cette particularité ne fut pas sans conséquence sur les populations de ce territoire qui n’acquirent pas les mêmes réflexes et traditions républicains que dans d’autres régions françaises, nous l’avons vu.
Le clientélisme exacerbé en fut une des conséquences, pour devenir un fondement culturel.

Cent quarante six ans de pouvoir départemental de droite.
Depuis, la droite conservatrice est au pouvoir (en dehors de la courte période de l’après guerre de 1940/1945 où le Conseil Général fut dirigé par un communiste), faisant preuve d’un attachement indéfectible à la France conservatrice et d’une autonomie politique et culturelle qui a masqué la prise en main du département par les industriels du bâtiment et de la parfumerie, et l’introduction rapide de capitaux étrangers.
Le peuple niçois fut d’autant plus acquis à la sphère dirigeante que celle-ci était issue très généralement du terroir.
Les noms des élus, caressaient encore voici dix ans, très agréablement les oreilles de ces gens du Comté de Nice, citons: « Bosio, Ballarello, Pétruschi, Raybaud, Bailet, Ciais, Olmi, Caldéroni, Scolari, etc...
Cette osmose entre une partie majoritaire de l’électorat populaire, les édiles locaux et les groupes de pression, fut longtemps culturelle pour devenir de plus en plus cosmopolite sans pour autant disparaître.

Une machine à intégrer bien huilée.
Sur le plan politique, la méthode employée par Jean Médecin a porté ses fruits pendant longtemps, y compris à gauche.
Cette « Machine politique à intégrer » fut redoutable. En jouant le « localisme », le centrisme et la droite nationale, ce Maire réussit, pendant près de vingt ans, après la Libération, à absorber tous les courants non communistes, en jouant sur la répartition des postes et la capacité à accepter une relative autonomie des élus ruraux.
Ceux-ci pouvaient se présenter le plus souvent sous des étiquettes locales, tant aux municipales qu’aux cantonales, sans encourir, les foudres de 1’homme le plus puissant du département. Mais cette tolérance entraîna un ralliement progressif de tous ces élus à un ectoplasme politique qualifié par beaucoup à cette époque de « parti niçois », lui même relayé par le « rassemblement républicain ». Ces élus, tout en professant un anticommunisme de principe, se refusaient à l’intégration pure et simple dans les grands partis nationaux, ou en prenaient l’étiquette sans doute pour séduire la partie « française » de l’électorat.

Cette terre d’accueil a bien changé.
Cette terre d’accueil, a reçu et reçoit en permanence des populations qui de par leur origine (rapatriés, retraités aisés du Nord de la France et de l’Europe...), ont fortifié jusqu’à présent, et très régulièrement les tendances conservatrices de ce département.
Seule l’immigration italienne fuyant, la dictature mussolinienne, a introduit et conforté une tradition populaire de gauche dans ce département, dont a profité longtemps le P.C.F. (Fiori, Caressa, Tibéri, Maiolini, Delorenzi, Laurenti, Patallaci, Podesta, Muti, Blangero, Mazzini, Gallo, Pilipenco, Mateudi, Saïoni, sont des noms d’adhérents et de dirigeants communistes issus de cette époque...).
Cependant, cette source est tarie depuis longtemps.

La montée du FN : les différents contextes
Les causes de la montée du Front National sont générales, et locales.
Elles se situent dans le cœur même de notre « machine départementale politico-sociétale ».
Les gauches, comme les droites, sont concernées (mais aussi comptable de...) par la progression de ce phénomène redoutable, à des titres cependant très différents.
Les causes sont interactives, la montée des uns engendre le déclin, le recul, la stagnation, des autres.
Le peuple français est en pleine mutation mondialiste. Ses repères et ses références sont confrontés à des phénomènes internes, mais aussi venus d’ailleurs. Ses votes qui apparaissent comme chaotiques révèlent cependant une constante. Est puni, « électoralement parlant », celui qui pratique une politique économique libérale. Ce fut le cas du PS en 2002, et le cas de l’UMP en 2004.
En ce pays de l’extrême sud-est de la France, le local et le global se conjuguent-ils dans le même sens, ou bien voyons-nous naître une contre-offensive du côté d’une gauche qui est plurielle même si ce vocable est déjà désuet.

Le contexte local et la montée du Front National :
Causes sociétales
Les sondages de Nice-Matin ont montré, à plusieurs reprises, que l’insécurité était la préoccupation première des habitants de ce département et de Nice en particulier.
L’ensemble des causes générales énumérées d’ordinaire, me semble donc valide pour ce département.
Il faut y rajouter localement :
- l’emploi qui recule, en même temps que la précarité progresse ;
- les problèmes énormes pour trouver un logement, ou pour quitter les quartiers considérés comme « maudits » ;
- les fortes communautés étrangères qui justifient les discours racistes xénophobes et sur l’immigration ;
- les quartiers où se concentrent les difficultés et les populations d’origine immigrée. Nice, avec l’Ariane, Bon Voyage et Saint-Augustin. Vallauris avec la Zaïne. Cannes avec Ranguin, Drap avec la Condamine...
- Le sentiment d’injustice dû à l’écart énorme entre les hauts et les petits revenus (cet écart est le deuxième de France) ;
- la perte d’identité et du sentiment d’appartenance des populations autochtones anciennes ;
- la présence de longue durée, de rapatriés conservateurs d’Afrique du Nord.
- la présence d’un électorat âgé et conservateur sensible à un discours musclé sur l’insécurité ;
- les affaires entre le monde de l’entreprise et de la politique.

Ces causes ne sont pas nécessairement cohérentes entre elles, et ne touchent pas de même façon, les différentes couches de la société.
Les élections régionales ont montré la justesse de ces appréciations. Le FN a parfaitement bien tenu le haut du pavé en Région P ACA en l’absence de Le Pen au premier tour.
Cependant, sur le plan tactique, sa place de 3ème l’a défavorisé. Il n’était plus en mesure d’apparaître comme le parti capable de battre « Raffarin II ».
Ainsi, le deuxième tour l’a complètement piégé. Les catégories populaires qui voulaient à tous prix battre le gouvernement Raffarin ont mieux voté à gauche que d’habitude, pour donner une « leçon » à celui-ci.
C’est sans doute là que se situe le véritable enjeu pour les gauches et Les Verts. Pourront-elles assumer ce rôle de contre-pouvoir que les français, et les électeurs de PACA et des Alpes-Maritimes leur ont attribué?
Le Parti dominant de la gauche, à savoir, le PS, pourra-t-il infléchir les tendances lourdes qui l’animent depuis 1983, date à laquelle le « changer la vie » n’a pas survécu à la gestion du système en place ? Nous verrons cela plus loin et ce, de manière plus détaillée.

Contexte politique local à gauche

Le Parti Communiste : rapide survol de la résistance à nos jours
Comme indiqué ci-dessus, se vouloir historien-chercheur, et en même temps acteur politique est un peu difficile et pose le problème des « intentions », du pourquoi telle problématique est abordée et pas d’autres. Je serai donc « prudent », certains pourront me le reprocher, mais il est indispensable que l’analyse de fond, prime sur le contexte politique local de mon engagement.
Il est loin le temps, où après la guerre de 1939-1940, celui-ci détenait la présidence du Conseil Général, où son chef historique Virgile Barel devenait le « Maire de Nice » (chef de la délégation nommée pour relever la ville), et où le paysan communiste Jean Laurenti devenait Député.

Une véritable contre-société ?
A cette époque le PCF rayonnait avec, et sur, la CGT, « Les Femmes Françaises », les « Vaillants et les Vaillantes » puis les « Pionniers », le « Secours Populaire », la « FDSEA », « Tourisme et Travail », une partie de la jeunesse avec l’UJRF, puis la JC, les associations de parents d’élèves...
Le PCF possédait une librairie. Il organisait des fêtes populaires, comme la Fête du Château et du Patriote, qui, petit à petit, ont décliné, sans pour autant disparaître.
Il possédait un quotidien « Le Patriote », et même le « Patriote-Lundi ». Il a réussi à sauver jusqu’à ce jour le Patriote Hebdo qui est le seul hebdo politique annonçant clairement son appartenance.
Il était le seul à gauche à réussir à faire élire des députés, des Conseillers Généraux et à tenir des « municipalités bastions », sur l’ensemble du département.
Le PCF avait créé, dans ce département, une véritable « contre-société », avec des outils sociaux et politiques, un corpus idéologique, ainsi que des liens de solidarités intergénérationnels.

La rupture de l’union de la gauche et la difficile reconquête de l’autonomie du PCF.
Dans un premier temps, grâce à cette puissance démultipliée dans le politique, le syndical, le social, et le civil, le PCF, s’appuyant sur le halo de la résistance, connut des succès électoraux très importants dans les A-M. Il réussit à occuper, en grande partie, l’espace qui aurait pu revenir à la SFIO, puis à la FGDS, puis au PS. Cela fût sa force, mais aussi sa faiblesse, car comment gagner seul contre tous, sans politique d’alliance et sans partenaires ?
Durant la période « programme commun de gouvernement de la gauche », le PS local cependant commença à mordre sur une partie de l’électorat traditionnellement « centro¬médeciniste », et sur la partie de l’électorat communiste qui votait pour ce parti faute d’autres formations crédibles à gauche.
De 1972 à 1981, prise dans la logique nationale développée par Georges Marchais et son équipe, la Fédération des A-M participa très activement à la rupture entre les forces de gauche.
Ce retournement de politique fut totalement incompris, et participa au recul du PCF au profit du PS et du FN. C’était le début mesurable du recul du PCF dans ce département.
C’est dans les quartiers les plus populaires que ce reflux a pris le plus de signification. On peut penser actuellement, que le PCF, semble orphelin d’un projet alternatif de société. Empêtré dans une alliance avec le PS qui le ronge petit à petit, il n’apparaît plus, comme le parti de la contestation.

La contestation populaire aurait donc changé de camp?
Au fil du temps, il est possible de mesurer que le FN a pris le relais du PCF chez les plus en difficultés et, jusqu’aux élections régionales de 2004 ce processus ne semblait pas devoir connaître de rémission.
En PACA et dans les Alpes-Maritimes les « scores » électoraux du FN, sont identiques ou quasiment à ceux du PCF dans ses heures de gloire.
Ainsi, comme partout, depuis environ 25 ans, le PCF s’est délité, avec cependant une capacité de survie qui étonne ceux qui l’avait condamné par avance, à l’immédiate disparition.
Grâce aux alliances locales, il détient encore 4 sièges au Conseil Général et autant au Conseil Régional depuis mars 2004.

Le Forum social de mai 2003.
Il a réuni sur trois jours à Nice près de 600 participants.
Des militants du PCF ont fait partie des chevilles ouvrières dynamiques parmi les organisateurs.
Ce forum s’est déroulé sur un fond de contestation sociale inégalé depuis mai 1968. On sait que ces périodes sont propices à des prises de conscience politique, et qu’elles forment des générations nouvelles de syndicalistes et de militants de partis politiques.
Or le terrain international est une des grandes traditions de ce parti, et il est parfaitement à l’aise dans cette dynamique. Les communistes ne veulent pas rater ce nouveau rendez-vous historique.
Mais sur ce terrain, le PCF est concurrencé par la Ligue Communiste Révolutionnaire et les alternatifs.
Il existe en France un vrai champ pour la contestation « à la gauche de la gauche réformatrice.

Conclusion.
Pour l’instant, cette nouvelle approche « altermondialiste » d’une partie du PCF, ne donnera que peu de résultats (électoraux) rapides, visant à réduire durablement l’influence de l’extrême droite.
Mais cette démarche a le mérite d’exister, de mobiliser du monde, de cristalliser encore des couches ouvrières et salariées du tertiaire.
D’ailleurs, lorsque le Parti Communiste ose partir en autonomie, là où les conditions sont relativement propices, il réapparaît dans les couches populaires. Les régionales de 2004 l’ont montré avec Marie-Georges Buffet, ou Maxime Gremetz.
En Région PACA, après beaucoup d’hésitations et un référendum interne, le PCF a choisi l’alliance électorale aux régionales 2004. Cette tactique lui a été profitable. Il a bien su négocier ses places.
Mais c’est sûrement dans les futures luttes sociales et dans les affrontements altermondialistes que le PCF aurait quelques chances de recapitaliser sur des bases contestatrices.


Le Parti Socialiste, stratégie globale et tactique locale : une immense contradiction ?

Les partis sociaux démocrates reculent partout en Europe. Quelles en sont les causes ?
- La « transnationalisation » des capitaux.
La « transnationalisation » des capitaux, la chute quasi définitive des grandes entreprises capitalistes à caractère familial, ont cassé la possibilité pour les partis sociaux-démocrates d’organiser le compromis social dans chaque pays séparément.
Durant les années dites glorieuses d’après guerre, les politiques d’accompagnement étaient possibles, grâce à des accords historiques de longues durées, entre le capital et le travail, qui ont volé en éclat sous l’effet des stratégies mondialisées des multinationales capitalistes et des Etats qui les ont accompagnés.
En effet, le capitalisme transnational ne négocie plus. Il travaille à l’allongement du temps de travail, à l’augmentation régulière de la flexibilité dans les entreprises, à la multiplication des contrats précaires, au maintien des volants de chômage importants, qui de toutes les façons, ne lui coûtera pas grand chose, puisque c’est la société elle-même qui prend en charge les résultats sociaux négatifs de ces politiques.
Ce capitalisme, ne peut pas prendre en compte les aspects environnementaux, comme la réduction des gaz à effets de serre. En effet, pour cela il faudrait mettre en place des mécanismes régulateurs qui freineraient la course à la croissance, la course à la productivité, l’exploitation intensive et inconsidérée des ressources énergétiques...
Et malgré cela, les partis se réclamant du compromis social et environnemental pensent possible une régulation où la perte des acquis sociaux est compensée par des politiques sociales d’adaptation aux besoins des entreprises et à la concurrence internationale. La « formation » fait partie de cette approche socialiste.
Il nous semble donc utile d’approfondir un peu cette question là.

L’impossible « pari » des partis sociaux démocrates : accompagner la mise en place du libéralisme, par une politique sociale ?
Le Parti Socialiste français n’est pas un parti social démocrate classique, son origine ouvrière et populaire est indéniable. Sa longue fréquentation du parti communiste l’a constamment amené à le concurrencer sur le terrain social.
Cependant la nature idéologique de ses démarches, c’est à dire, accompagner la mise en place du libéralisme par une politique sociale, est un défi historique que le PS, tout comme les autres partis de la social-démocratie, aura sans doute du mal à réussir.
Comment réussira-t-il en même temps à organiser, comme l’avait réalisé en son temps le ministre socialiste français Pierre Bérégovoy, la libre circulation des capitaux en Europe, et, simultanément, à réguler les mouvements de capitaux, à empêcher les délocalisations industrielles afin d’assumer la mission historique du PS, à savoir répartir la richesse en direction de ceux « d’en bas »
De plus son peu de résistance à :
- l’organisation du monde capitaliste-libéral mondialisé, malgré des courants internes qui se positionnent fermement sur cette question,
- la forme « production/consommation » qui en découle,
- l’absence d’une politique réellement écologiste et alternative, ne lui permettent pas de recréer une « contre-¬société », à la manière du PCF, et ne sont pas de nature à attirer à lui les tenants de l’alternative politique, ceux qui affirment qu’un « autre monde est possible ».
Voilà donc les causes principales qui mènent les partis réformistes se réclamant d’un socialisme démocratique, à la perte du pouvoir dans tous les pays européens.

La fin du compromis entre le « capital¬ national-familial » et les forces politiques de la social-démocratie?
Le PS n’est pas un parti de droite. Ainsi, tel que nous l’avons dit ci-dessus, le PS, se trouve devant un dilemme, historique. Il a pratiqué le compromis pour la répartition des richesses tant que l’Etat était en mesure de négocier avec les entreprises « capitalistes nationales ».
Or c’est ce bloc à deux faces qui semble avoir fait son temps.

La souffrance des hommes face aux pratiques de « l’accompagnement ».
Dans ces conditions, le PS connaît, comme tous les partis favorables à la gestion de la société, un certain éloignement des couches les plus populaires de la société qui pourtant devraient se reconnaître en lui.
Ainsi, malgré une politique sociale beaucoup plus marquée que les gouvernements précédents, le gouvernement Jospin de 1997 à 2002 n’a pas stoppé la descente aux enfers des plus pauvres.
La précarisation, les problèmes du logement et de l’emploi n’ont pas trouvé de solutions durables. La loi des 35 heures, a augmenté grandement la flexibilité et la productivité du travail.
Cela ne veut pas dire, pour autant que les politiques sociales du PS et de la droite soient identiques.
Cela traduit seulement une illusion tenace, à savoir la possibilité de prolonger l’alliance « capital-travail » de l’époque des capitalismes nationaux, sans dommage pour les plus pauvres, pour les plus démunis, dans le cadre d’une économie qui se mondialise par le haut, grâce à la circulation accélérée des grands capitaux.
C’est l’idée, que cette possibilité d’alliance « capital-travail » détruite au niveau national pourrait se reconstruire dans le cadre européen.
Ce que le parti socialiste combat au plan local, à savoir les inégalités, les misères modernes, est contredit au niveau global par les politiques mondialisées auxquelles il participe, par exemple dans le cadre de l’Accord Général du Commerce et de Services.

Le Parti Socialiste dans les Alpes¬-Maritimes
De « l’alliance Médeciniste », au Programme Commun, et à la « Gauche Plurielle ».
De la fin de la Libération aux années 1970, la gauche socialiste n’existait que par des « transfuges », comme T. Roméo, Cléricy, qui gouvernaient le département, alliés au Médecinisme.
En effet, le choix stratégique de la SFIO (ancêtre de la FGDS, puis du parti socialiste), à savoir la « 3èmc voie entre le capitalisme et le communisme », eut sa traduction politique dans les Alpes-Maritimes.
Cette stratégie nationale rencontra la démarche « centriste » du Député-maire Jean Médecin.
Celui-ci voulut gouverner au Centre en englobant à droite et à gauche.

Faire basculer l’électorat centriste à gauche, ou prendre des électeurs au parti communiste?
Malgré l’extrême puissance du PCF, il était évident que celui-ci ne pouvait renverser seul la droite locale.
A partir de la période « programme commun de la gauche », des années 1 970, la situation a rapidement évolué. Le PS a choisi définitivement la stratégie et la tactique de l’union de la gauche.
Le programme commun de gouvernement de la gauche a laissé penser aux nouveaux responsables socialistes locaux, qu’une gauche plus modérée (le PS) permettrait de mordre sur l’électorat centriste.
Ce « ré-ancrage » fut possible pour plusieurs raisons en grande partie liées à la situation du PCF., et à des évolutions objectives comme la sociologie.

Une sociologie en rapide évolution.
La deuxième cause tient au fait que la sociologie du département a évolué vers le secteur tertiaire et les hautes technologies. L’ouvrier du bâtiment d’origine italienne et révolutionnaire a disparu depuis des décennies du champ politique et économique.
L’électorat de gauche se trouve être, dans ce cas, plus volontiers social démocrate, et réformiste.
En outre, au plus on s’éloignait de la période de la « résistance », au plus les rappels du PCF à celle-ci apparaissaient comme archaïques aux nouvelles catégories socio¬professionnelles se situant à gauche.

Une tenace ascension.
A partir de la période « programme commun », les scores électoraux du PS connaissent un mouvement ascendant, mais en dents de scies cependant.
C’est lui qui accrochera à son palmarès des députés en 1981, pour percer enfin au Conseil Général à partir de 1998. En fin 2003, il détenait 6 sièges au Conseil Général.
Il atteint une cinquantaine d’élus locaux dont six à sept Maires étiquetés ou repérés comme socialistes.
Cependant le Parti Socialiste a connu comme partout en France les contrecoups de la grande défaite de Jospin.
Il nous a donc semblé faire œuvre utile en essayant de comprendre pourquoi les partis se réclamant de la social-démocratie perdent partout le pouvoir en Europe et pourquoi le PS dans ce département a continué à progresser avec cependant de grosses difficultés à enrayer la montée du FN, du moins jusqu’au deuxième tour des régionales de 2004.

Cristallisation des acteurs du mouvement social.
En effet, on constate clairement une cristallisation des acteurs les plus dynamiques du mouvement social, qui vont à contre-courant de l’attitude passée du Parti Socialiste.
Il y a, chez ces militants, la conscience de plus en plus nette des conséquences destructrices des politiques capitalistes libérales, pour tout de suite et pour bientôt.
Notons qu’à la différence du mouvement social de 1968, ces luttes ne s’appuient pas sur le mouvement étudiant et lycéen, il n’est plus marqué par les idéologies marxistes existantes de l’époque (Léninisme, Maoïsme...), ou alternatives (Marcuse, Lacan, Ilitch...).
Et c’est là qu’on se rend compte que la défaite de Jospin et que les votes sur les extrêmes gauches et Les Verts avaient des fondements politiques profonds.
Le PS a perdu, de par son mode de gouvernance social-libéral, les ailes les plus militantes du mouvement social. Mais comme souvent, il a su recapitaliser les espoirs de ceux qui n’ont pas accepté le libéralisme quand ce parti gouvernait, et qui ont refusé le même libéralisme quand la droite revenue au pouvoir l’a exacerbé.

Le Parti Socialiste et l’identité culturelle.
Par ailleurs, malgré des efforts de compréhension des phénomènes sociétaux, malgré une grande sincérité du Président Vauzelle concernant « l’altermondialisation », le Parti Socialiste semble encore être à la recherche d’une nouvelle politique culturelle alternative ancrée sur les territoires et en même temps « altermondialiste ».
Notons qu’il n’est pas le seul à éprouver cette difficulté. En effet, une politique de la culture ne peut se contenter de donner le libre accès à la connaissance et à la consommation des loisirs, le droit à la création, parce que la connaissance et les accès à celle-ci, ne sont pas neutres sur le plan des contenus et de ceux qui les transmettent.
La culture « marchandisée », et seulement cela, ne sera jamais un vecteur d’alternative, pire même, elle est sans aucun doute une démarche qui accompagne la mondialisation capitaliste et « déculture » ceux qui en subissent l’influence.
Tout en reconnaissant le talentueux travail de la commission régionale à la culture pendant six ans au Conseil Régional (1998-2004), il est évident qu’il faudra envisager de revisiter la politique culturelle régionale et lui donner une cohérence, plus grande, dans 1a mesure où les droites ne sont plus en capacité d’entraver de véritables démarches culturelles, suite à leur défaite de mars 2004.
Cette cohérence culturelle devrait se fonder sur un diagnostic capable de qualifier les fondements de notre « maladie sociétale et environnementale », qui se traduit chez nos concitoyens par la contradiction: « plus de libertés, et...plus de règles », par le retour à des sources qui peuvent apparaître comme seulement « communautaires », et/ou « réactionnaires », mais qui sont des réponses balbutiées et inefficaces, à la mondialisation.
Le besoin d’ancrage dans des terroirs des nouveaux venus à la campagne, répond parfaitement à cette recherche de tradition et de modernité.

Une implantation populaire en cours?
Dans ce département des Alpes-Maritimes, et malgré une cure d’opposition nationale qui lui a permis de se « requinquer », le PS n’est pas encore vraiment en mesure de faire fortement reculer le FN dans les catégories populaires, et ce, malgré des efforts d’implantations, notamment, dans les associations de défense des locataires, malgré des relais syndicaux, et des relations dans des milieux communautaires.


L’ouverture des « Verts-Ouverts » des Alpes-Maritimes.
Une stratégie de très long terme Les Verts des A-M s’implantent régulièrement dans le paysage politique des Alpes-Maritimes.





Ouvertures tous azimuts.
Les Verts des Alpes-Maritimes » s’étaient lancés à fond dans une politique d’ouverture « tous azimuts », avant d’êtres réduits à l’état de groupuscule entre 1994 et 1996 :
Citons les rapprochements avec les Rouges et Verts, puis avec les alternatifs, et les régionalistes.
Citons l’alliance avec Génération Ecologie, aux élections régionales de 1992.
Signalons aussi, la coopération et l’alliance avec André Aschiéri , afin de prouver notre existence et notre capacité à entrer en politique, autrement que par des pratiques « isolationnistes » ou « groupusculaires ».
Après leur succès aux Régionales de 1992 et leur défaite aux Présidentielles de 1995 : Les Verts des Alpes-Maritimes se lancent dans une pratique « d’ouverture », dès 1997, en direction des Partis de la gauche classique PS, PCF, Radicaux, MdC.

Alpes-Maritimes. Les résultats électoraux sanctifient la politique d’ouverture des Verts
En 1995, les verts comptaient alors : 1 Conseiller Régional.
Puis J-P Giraud qui a succédé aux trois-quarts du mandat à A. Aschiéri. J-P Giraud « régionaliste » adhère alors chez Les Verts. Patrice Miran. Conseiller Régional qui quitte Les Verts, pour fonder le Mouvement des Ecologistes Indépendants (MEI).
Poussée, entre 1997-1998,
Les Verts connaissent une poussée importante. Ils ont utilisé à fond le système de l’alliance à gauche, en prônant « l’autonomie », et la nécessité d’accords sur le fond
On recense à cette date:
André Aschiéri. Député Vert-apparenté, Maire écologiste.
Edgar Malausséna. Vice-président Vert du Conseil Régional P ACA. Conseiller municipal à Villars-sur- Var. (II devient Maire en 1999).
Jean-Raymond Vinciguerra. Conseiller Général Vert à Grasse Sud et Conseiller Municipal.
Cinq élus municipaux.
Les municipales de l’année 2002.
Les Verts connaissent en France une poussée, aux municipales C’est d’ailleurs le seul parti situé à gauche à connaître ce processus.
Dans les A-M, la politique d’Union porte ses fruits, les Verts passent de 5 à 26 élus municipaux. Cependant, cette progression continue, y compris aux Européennes, n’affecte pas l’électorat FN.
Ce sont le PS et le PCF qui reculent. On peut alors penser qu’une partie de l’électorat de gauche se porte sur Les Verts.

Réformisme de gauche.
En effet, le PS améliore régulièrement sa puissance électorale. Ses élus sont de plus en plus nombreux. L’écoute des médias se fait plus grande et régulière depuis 1998, date à laquelle Patrick Allemand est devenu premier Vice-président de la Région.
Si le PS fait la preuve de son autorité et de sa puissance à gérer les plus petits que lui, il aura de plus en plus de possibilité de régner sur ses partenaires, La question est alors de savoir si son but est de les étouffer ou de les laisser grandir juste assez pour que l’alliance lui soit bénéfique, et sans danger pour son propre avenir.
Le jeu est subtil, tant pour Les Verts que pour le Parti Socialiste. Mais ce sont les électeurs qui à terme trancheront.
Ainsi après une période de progression, Les Verts risquent de se trouver privés de l’électorat modéré, ou réformiste de gauche qui pourrait préférer se tourner vers le plus fort à gauche, ne serait-ce que pour le vote utile.
Ceci a déjà commencé à se produire lorsque les principaux axes d’aménagement du territoire des Verts dans le Département, sont devenus « patrimoine commun », des gauches rassemblées.
Mieux, le Parti Socialiste peut parfaitement récupérer une partie des fondements des Verts pour mieux faire front contre ce qui ne lui convient pas.
La bataille sur la 202 bis relève de cette logique, celle du port de Nice aussi.
.
Réformisme de droite.
Par ailleurs, l’arrivée du nouveau président du Conseil Général des A-M, Christian Estrosi laisse Les Verts des A-M. dubitatifs.
Celui-ci réforme ses services, met en avant la défense de l’environnement, les énergies renouvelables, les travaux d’entretien plutôt que de grande envergure...
Ce nouveau discours se heurtera sans doute à des réalités économiques portées par la CCI et les capitaux transnationaux, mais en attendant, il est suffisamment fort et audible pour éventuellement couvrir médiatiquement le travail de fourmis des Verts.
Il s’agit donc d’une « prise d’espace politique » sur les contenus des Verts. Cela peut effectivement les gêner politiquement, mais pas sur le fond, et sur le long terme si ceux-ci savent s’adapter à cette nouvelle situation.

Concurrence « radicale » de l’autre.
Parallèlement, du côté de la « critique radicale de la mondialisation capitaliste « de l’altermondialisme », ATTAC, la Ligue Communiste, Le PCF, les Alternatifs, poussent leurs avantages et occupent un terrain que les plus réformistes des Verts des A-M investissent pas de peur d’avoir à fréquenter des « révolutionnaires ».

Les deux mamelles de la radicalité verte : les « contenus » et l’autonomie.
Ici nous revenons au problème essentiel des Verts des Alpes-Maritimes. Jamais ceux-ci n’ont accepté de négocier avec le PS, si un contenu suffisant ne précédait pas l’accord électoral.
Les Verts et le PCF aussi, ont donné au PS des éléments de contenus, nécessaires à sa renaissance, au-delà de ses traditionnels engagements de gauche.

Chemin parcouru.
On mesure donc, le chemin parcouru depuis, et surtout combien les positions autonomes des Verts sur l’aménagement du territoire sont nécessaires.
Cependant ces victoires ne portent pas sur les sujets où le FN excelle, à savoir: l’identité, l’immigration, la sécurité, l’injustice, l’indépendance anti-européenne...
Les discours des gauches, dans les quartiers en difficulté, sont apparus nous l’avons dit, presque totalement inaudibles, durant des années.
La nouvelle politique de la ville, en particulier sur Nice, renvoie toutes les associations à des années lumières d’un combat nécessaire contre la pauvreté.
Cette pauvreté, est une des raisons, directe et indirecte, de la progression et du maintien des scores FN dans les milieux populaires.
En effet, il est facile pour le FN de mettre bout à bout les thèmes de la précarité, de l’immigration, de la sécurité pour donner l’illusion que l’on a des solutions simples à des questions complexes.
Son seul problème est de traduire ces thèmes en réponses sociales précises, et là, c’est le grand vide.






Contexte politique local à droite.

Nous allons consacrer un long passage à la famille Médecin.
Cette famille, en régnant sur Nice durant 60 ans a tenu le département sous sa férule. Il est donc utile de bien connaître cette histoire.
Cette saga doit être connue, entre autres, pour comprendre pourquoi le FN s’est installé durablement dans ce département.
Autant Jean Médecin fut prudent, et finit sa carrière politique en appelant à voter François Mitterand aux élections présidentielles de 1965, pour éviter l’intrusion de l’UDR dans le concert politique local, autant son rejeton, Jacques, fut fort en gueule, intrépide et imprudent.
Il assimila tout très vite, car il se trouvait être doué d’une mémoire exceptionnelle, et il semblait être né orateur.
Dans un premier temps, dans la lignée de son père, il semblera intéressé par la montée des forces du programme commun de la gauche. Certains vieux militants de gauche, se souviennent de son apparition devant le « Patriote », rue Blacas à Nice, à la suite de l’élection du candidat de la FGDS : Cléricy.

La « machine à intégrer » médeciniste.
Jacques Médecin cherchait encore et encore à se démarquer du gaullisme conquérant, et pensait sans doute maîtriser la montée des gauches grâce à la capacité « intégratrice » des mécanismes mis en place par son père et qui avaient si bien réussi pendant de si longues années.
Ces mécanicismes faisaient cohabiter dans la « même maison » des hommes issus de milieux complètement différents.
D’un côté on trouvait l’extrême droite collaboratrice pendant la deuxième guerre mondiale avec Raoul Bosio qui en fut l’un des éminents représentants.
De l’autre, ceux qui, ayant participé à la Résistance de gauche, s’étaient rangés dans le camp de l’anticommunisme, et « la troisième voie ».

La crainte du programme commun.
Dès 1970, pressé par la montée des forces du programme commun de la gauche, et leurs résultats électoraux, Jacques Médecin entrepris de pérenniser, puis d’encadrer fortement les structures culturelles (destruction du dispositif autonome des MJC), et sportives, ainsi que les réseaux clientélistes développés par son père. Il créa un véritable empire de presse municipal.
Sa pratique constante, fut de professer un anticommunisme et un antimarxisme permanent et basique.
Il écarta un certain nombre d’élus trop indépendants, à son goût et « fabriqua » des hommes politiques qui devinrent les « bébés médecins », comme R. Sales, M. Daugreilh, C. Estrosi...

Décomposition-recomposition interne du « bloc conservateur ».
On peut penser que les évolutions des forces politiques, l’arrivée de populations nouvelles, et l’émergence autonome de l’extrême droite, entraînèrent une progressive rupture avec la traditionnelle pratique de l’intégration dans la « machine » du clan Médecin.
Ainsi, le « bloc idéologique conservateur » qui avait commencé à se fissurer pendant la période programme commun, du fait d’ailleurs de la dynamique d’espoir que la gauche portait, connut alors un phénomène de décomposition-recomposition.
L’universitaire Robert Charvin, dans les Cahiers de la Méditerranée de décembre 1991 écrivait: « La ligne constante, en dépit de tous ces virages, est cohérente et est de nature apolitique: le médecinisme n’a qu’un seul objectif, sa pérennisation au pouvoir local. Le prix en est l’alliance ou le combat avec toute force politique quelle qu’elle soit, susceptible de l’assister ou de le gêner dans la poursuite de ses finalités niçoises ».
Ainsi, Jacques Médecin cultivera le « particularisme niçois » antipartis nationaux qui sera son bouclier permanent, et ce, jusqu’à sa fuite de Nice.
Le « localisme » niçois de Jacques Médecin devenu Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, comblait aussi le vide identitaire et sécuritaire, sur lequel le FN commençait à faire ses choux gras.’
Je pense que la fin du « Médecinisme », a consacré l’écroulement d’un dispositif de nature « apolitique », si l’on entend par apolitique le « refus de la représentation des partis nationaux ».


Jacques Médecin face à un triple danger.
On ne peut comprendre les pratiques de Jacques Médecin que si l’on mesure le triple danger qui le menaçait, à savoir le RPR, les gauches et le FN.
Jacques Médecin, fils d’un Maire qui se voulait centriste, prit résolument le discours et certaines pratiques du Front National.
C’était, probablement pour lui, la meilleure façon d’éviter les montées, de ces trois dangers. En prenant le langage du FN, il espérait sans doute, encore, « intégrer » selon la bonne vieille recette « Médeciniste », les extrêmes droites dans son giron.
En effet parler comme le FN, pratiquer un anticommunisme de base, lui permit dans un premier temps d’attirer sur sa personne et ses amis, beaucoup de ceux qui auraient pu se diriger vers le FN.

La disparition de la stratégie intégrative.
Le résultat ne fut pas celui que l’équipe de Jacques Médecin pouvait attendre. Sans passé politique, sans. Casseroles », porté par la logique nationale et anti-européenne, le FN n’a pas été absorbé par la machine à intégrer médeciniste.
C’est la période où Jacques Médecin, se met à courir après le FN, dans le but de le dépasser. Le 2 avril 1987, le FN organise un grand meeting à Paris sur la réforme du Code de la Nationalité. Jacques Médecin y participe.
De plus, la disparition de « l’homme fort du département » a permis aux successeurs de Jacques Médecin d’installer définitivement les grands partis de droite nationaux, dans les Alpes-Maritimes.
L’UMP n’est plus beaucoup contestée par les édiles locaux de droite, bien au contraire. La tactique du Député Christian Estrosi est exemplaire en ce domaine.
Mais dans ces conditions, la machine à « intégrer » de la droite locale a disparu. Le FN peut se développer dans un territoire où son discours est devenu banalité.
La droite porte donc trois responsabilités, la première : avoir adopté très souvent le discours du FN pour pouvoir en intégrer les composantes, la deuxième avoir singé les thèmes du FN pour mieux l’exclure, la troisième est plus vaste, plus nationale : elle concerne les attaques de l’U.M.P. contre les droits sociaux
La réaction populaire aurait pu être relativement « mécanique ». Après avoir essayé la gauche, puis maintenant la droite, pourquoi pas le FN? Celui-ci l’avait bien compris puisque l’on avait vu apparaître le slogan: « Le social, c’est le FN ».
Cependant, comme par un sursaut populaire inattendu de l’histoire, c’est la gauche rassemblée ou dispersée qui a su porter l’estocade au gouvernement Raffarin, aux régionales de 2004.

La fin d’un monopole bien plus que centenaire?
Le Front National d’un côté, et l’union des gauches, ont cassé le monopole départemental de la droite clanique et familiale. Les enjeux sont donc bien les suivants.
Qui de la gauche ou du FN va terrasser la droite classique?
Est-ce que la droite finira, ou pas, par s’allier ouvertement avec le FN, comme au temps de Jacques Médecin?
Les gauches peuvent-elle l’emporter dans un département très conservateur et extrémiste par beaucoup d’aspects ?
Et quelles gauches? Et sur quels thèmes?

Conclusion.
Le paysage politique à gauche, s’est donc totalement inversé et modifié en 25 ans, sans empêcher la montée du FN, mais sûrement en la freinant.
Sur le plan électoral, depuis 1998 (cantonales) et 2002 (législatives), le FN n’est plus seul face à la droite, dans la plupart des deuxièmes tours.
Quand la gauche se rassemble, les duels droite-gauche, de deuxième tour, reviennent sur le devant de la scène.
Mais en même temps, cette tactique pourrait favoriser le seul PS et surtout un seul « courant », celui de F. Hollande et de son représentant local Patrick Allemand. Cependant ce courant national du PS à nos yeux n’a pas tout à fait tiré toutes les leçons de fonds de la défaite de Jospin en 2002 aux Présidentielles.
Ce courant envisage comme alternative un programme avec les autres forces de la gauche, pour résoudre la question de la gestion plurielle. Comme s’il ne s’agissait que de « gestion », et pas de contenu et d’orientation de ces contenus vers une société nouvelle, ou, comme si notre société n’avait besoin que de réformisme et pas de radicalité sur le fond, et d’alternatives démocratiques sur la forme. Cette analyse semble d’autant plus étrangère à l’équipe de François Hollande que les élections régionales de 2004 ont montré la grande hégémonie du PS sur l’ensemble des gauches. La réussite tactique peut encore masquer quelque temps les questions de fond.
Mais nous constatons la force que représente aujourd’hui l’altermondialisation en France. Ce n’est pas un phénomène passager. Ceux des Verts qui, souhaitent une autre voie (et qui sont membres d’A TT AC) que celle suivie par le capitalisme et le productivisme, croient donc que la social démocratie française sera dans l’obligation de revoir son approche du monde d’aujourd’hui et des moyens idéologiques et pratiques à envisager dans le futur proche. Cette société nous la voulons, « écosociale », et nous ne la construirons surtout pas seuls.
Il s’agira, non seulement, de rendre les options que nous défendons encore plus crédibles, mais aussi d’amener nos partenaires sur des positions susceptibles de .lutter en même temps pour une société culturellement évoluée, exempte d’exploitation de notre environnement et des hommes qui y vivent.

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